• Sandrine NGATCHOU

Infections sexuellement transmissibles

Mis à jour : 25 juil. 2018

Les IST en France sont :

  • Chlamydia;

  • Lymphogranulomatoses vénériennes rectale;

  • Gonococcies

  • Syphilis précoces (de moins d’un an)


Camapagne IST

Infections à Chlamydia


Entre 2013 et 2015, le nombre d’infections à Chlamydia déclarées a augmenté de 10%. Cette augmentation est plus importante chez les hommes (progression de 19% versus 8% chez les femmes) et plus marquée dans les autres régions métropolitaines (augmentation de 15%) comparativement à l’Île-de-France, où le nombre de cas diagnostiqués a diminué de 1,5% au cours de la même période. Parmi les cas pour lesquels on dispose de l’information (36%), la proportion de diagnostics chez des patients asymptomatiques a diminué, passant de 58% en 2013 à 46% en 2015 (et de 60% à 45% chez les femmes).


En 2015, la majorité des patients diagnostiqués pour une infection à Chlamydia étaient des femmes (64%).

Les classes d’âge les plus concernées étaient les 15-24 ans chez les femmes (65%) et les 20-29 ans chez les hommes (61%). La proportion de patients asymptomatiques était d’environ 45%, mais variait selon les lieux de consultation (de 22% en consultation de gynécologie hospitalière à 74% en CDAG (Consultations de Dépistage Anonyme et Gratuit) / CIDDIST (Consultations d’Information, de Dépistage et de Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles). Les principaux sites de prélèvement ayant conduit au diagnostic sont urinaires (76%) pour les hommes et cervico-vaginaux pour les femmes (82%). Toutes ces proportions sont stables sur les trois dernières années.


L’infection à Chlamydia est la seule IST où la part des femmes prédomine parmi les cas diagnostiqués.

Le nombre d’infections à Chlamydia augmente chez l’homme, comme chez la femme, depuis 2006. Les femmes diagnostiquées sont majoritairement âgées de 15 à 24 ans, ce qui reflète en partie l’application des recommandations du dépistage systématique des jeunes femmes dans les centres dédiés.

Ce dépistage opportuniste des jeunes femmes est moins systématique en médecine libérale, ce qui explique une proportion de portages asymptomatiques moins importante que celle observée dans les centres de dépistage où la gratuité est appliquée.

Par ailleurs, la proportion d’infections asymptomatiques chez les femmes tend à diminuer sur les trois dernières années, ce qui pourrait refléter une diminution du nombre de dépistages.

Lymphogranulomatoses vénériennes rectales

La « lymphogranulomatose vénérienne », ou « maladie de Nicolas-Favre », est une forme particulière d'infection par les chlamydia, normalement observée chez les voyageurs séjournant en région tropicale. Des cas de plus en plus nombreux sont signalés en France, sous la forme d'une infection de l'anus et du rectum, observée essentiellement chez les homosexuels masculins, en particulier ceux séropositifs pour le VIH ou ayant un sida.

Le nombre de LGV rectales a augmenté de 47% et celui des infections rectales à Chlamydia non L de 92% entre 2013 et 2015. L’épidémie touche quasi-exclusivement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), qui représentaient

98% des cas de LGV et d’infections rectales non L en 2015. Aucune femme n’a été déclarée pour une LGV rectale et une quarantaine l’ont été pour une infection rectale non L en 2015.


Les classes d’âge les plus touchées étaient les 30-49 ans pour les cas de LGV (66%) et les 20-39 ans pour les infections rectales non L (71%).


Le niveau de co-infections par le VIH reste très élevé depuis le début de la surveillance des LGV: 76% des patients déclarés en 2015 étaient des séropositifs connus. Les co-infections VIH et infections rectales non L étaient également très fréquentes, malgré une forte diminution entre 2007 et 2015 (de 70% à 30%).

Gonococcies

Entre 2013 et 2015, le nombre de gonococcies a augmenté d’environ 100% chez les HSH (Homme(s) ayant des rapports sexuels avec un (des) autre(s) homme(s)) , de 32% chez les femmes hétérosexuelles et de8 % chez les hommes hétérosexuels. L’augmentation est observée aussi bien en Île-de-France que dans les autres régions métropolitaines.


Parmi les gonococcies rapportées en 2015, 68% concernaient des HSH. Les classes d’âges les plus touchées étaient les 20-29 ans chez les femmes (57%) et les 20-39 chez les hommes (76%). L’âge médian au diagnostic était de 29ans chez les HSH, de 25 ans

chez les hommes hétérosexuels et de 21 ans chez les femmes hétérosexuelles.


La proportion de co-infections par le VIH, de l’ordre de 11% en 2015, est restée stable et élevée depuis plusieurs années. Elle était toutefois plus importante chez les HSH (17%).

En 2015, le niveau de la résistance des souches à la tétracycline (45%) ou à la ciprofoxacine (40%) est resté très élevé. La proportion de souches résistantes au céfxime a diminué entre 2013 (1,7%) et 2015 (0,3%). La concentration minimale inhibitrice (CMI) moyenne de la ceftriaxone (traitement de référence), stabilisée entre 2011 et 2014, a diminué en 2015.


Aucune souche résistante à cet antibiotique n’a été isolée en France depuis 2011.


Syphilis précoces (de moins d’un an)


Le nombre de syphilis précoces a augmenté de 56% chez les HSH entre 2013 et 2015.

Chez les hétérosexuels, malgré des effectifs relativement faibles, une augmentation du nombre de cas est aussi observée au cours de la même période (+85% chez les femmes et +75% chez les hommes).

L’augmentation du nombre de cas est très marquée dans les régions métropolitaines hors Île-de-France, quelle que soit l’orientation sexuelle des patients.

La répartition des stades de la syphilis (25% de syphilis primaires, 37% de secondaires et 38% de latentes précoces) est stable depuis le début de la surveillance. Parmi les patients déclarés pour une syphilis précoce en 2015, 84% étaient des HSH, les femmes ne représentant que 5% des cas rapportés. Les hommes de 20-49 ans étaient les plus concernés (78%), quelle que soit l’orientation sexuelle, tandis que la majorité des femmes avaient moins de 29 ans (53%).

Le niveau de co-infections par le VIH reste très élevé malgré une diminution observée en 2015, la part de patients co-infectés par une syphilis et le VIH étant d’environ un quart en 2015 contre un tiers en 2014. La majorité des patients co-infectés par le VIH était déjà informée de leur séropositivité, 2% seulement l’ayant découverte lors du diagnostic de la syphilis.

Ces co-infections étaient plus fréquentes chez les HSH (25% versus respectivement 12% et 2% chez les hommes et femmes hétérosexuels en 2015).


SOURCES :

https://www.researchgate.net/publication/311844304_Les_infections_sexuellement_transmissibles_bacteriennes_en_France_situation_en_2015_et_evolutions_recentes [accessed Jul 23 2018].


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